Potosi : Il est temps d’aller à la mine !

Après nous être reposés dans la capitale propre et tranquille du pays, il est temps pour nous de partir au travail… et plus exactement à la mine.

Nous prenons pour cela un bus de la compagnie Emperador, qui nous amènera à destination en un peu moins de 3h.

Une fois sur place, nous sommes dans un quartier – comme bien souvent – constitué en grande partie de bâtiments non achevés, mais dans un terminal dernier cri, une sorte d’ovni moderne au milieu de bâtiments à la brique apparente.

Quelques minutes de taxi (et 10 bolivianos) plus tard, nous voici arrivés dans un monde très différent… reflétant beaucoup mieux la stature qu’eut jadis cette ville s’élevant à plus de 4 070 m d’altitude : Deuxième ville la plus haute du monde, juste derrière El Alto. Cette stature, c’est celle d’une ville ayant été cruciale à l’état Espagnol… quand celui-ci accumulait des fortunes grâce à la mine du Cerro Rico (« Montagne Riche », dominant la ville à 4 824 m)… principalement pour rembourser ses dettes.

Bref, nous voici dans une « petite » (il reste encore 170 000 habitants dans la ville… après 200 000 à son apogée dans les années 1 800… et moins de 10 000 à son plus bas vers la fin du 19ème siècle) ville colorée, avec ses nombreux bâtiments coloniaux, ses 80 églises (l’ « évangélisation » auprès des peuples indigènes se faisait de manière assez… massive par les hispaniques) et sa « Casa de Moneda » où étaient frappés les Potosi.

Ici, nous séjournerons deux nuits à l’hôtel Eucalyptus, proche de la place principal, dans une chambre que nous avons pris le soin de trouver chauffée et avec douche chaude ! Il s’agit déjà là de critères importants (de luxe) dans nos choix habituellement, mais l’amplitude thermique est ici réellement forte en hiver (-5 à 15° environ) et nous serons bien contents de trouver une douche chaude après la journée du lendemain !

Arrivés en courant d’après-midi, nous nous promenons dans les rues de la ville (en prenant soin de rester au soleil… la différence de température est flagrante !) et réservons l’activité phare de Potosi pour le lendemain : La visite des mines.

Le soir, nous mangeons dans un petit café tout confort sur la place principale de la ville… puis rentrons au chaud pour dormir.

La visite des mines du Cerro Rico

Le matin, 7 minutes top chrono pour le petit déjeuner (notre hôtel est détenu par le propriétaire d’une agence concurrente à celle que nous avons choisie pour le tour… et il ne propose le petit déjeuner qu’à partir de 8h15… s’assurant ainsi sans doute que ses clients choisissent son agence… les tours commençant à 8h45), puis nous nous rendons à l’agence Big Deal, fière d’être gérée uniquement par des ex mineurs, pour le début du tour.

Là, nous serons 10 à nous aventurer dans cette expérience assez unique.

Après un premier arrêt au « marché des mineurs », où nous achèterons des feuilles de coca, de la boisson aux fruits (et de la dynamite pour certains) que nous offrirons aux mineurs, il est temps de partir nous équiper : sur-pantalon, sur-veste, bottes en caoutchouc, lampe frontales, nous sommes fins prêts pour « l’aventure ».

Nous commencerons par une usine de traitement des métaux, où arrivent toutes les extractions de la mine… 85% étant du déchet et 15% ayant plus ou moins de valeur (le coeur historique de l’activité étant l’argent, relativement épuisé depuis le 19ème siècle, l’étain et le fer ont ensuite pris le relais).

Le coeur de la visite arrive enfin et nous partons pour la mine Rosario (il y a plus de 180 mines dans cette immense fourmilière) où nous entrons, à 4 200m d’altitude.

Nous nous enfonçons dans la pénombre, dans une boue visqueuse. Alors que le sol s’assèche, le plafond s’abaisse également, et les surfaces sont fortement recouvertes de substances toxiques. Nous marchons pendant une bonne vingtaine de minutes dans cet environnement malsain, tant pour les articulations (à moins de mesurer 1m50 maximum, on passe la plupart du temps pliés en deux et la tête inclinée pour éviter tant de se heurter la tête que de trébucher – s’empierger pour les ardennais qui nous liraient :) ) que pour les poumons (en plus des substances toxiques, les couloirs traversés sont relativement poussiéreux).

C’est également l’occasion de croiser un certain nombre de mineurs, certains marchant d’un bon pas, d’autres courant avec leur chariot, auquel cas nous nous empressons de nous plaquer sur les côtés pour les laisser passer.

Nous arrivons ensuite dans un espace plus aéré, plus haut sous plafond également et moins poussiéreux, facilitant la respiration ! Pendant des explications sur le fonctionnement de la mine, nous entendons une détonation, au loin dans la montagne.

Il faut poursuivre l’avancée (nous traversons le Cerro Rico) et l’étroitesse est à nouveau de mise, avant de grimper une série de 3 échelles, là encore pas bien larges !

En haut, il est temps de rencontrer « el Tio », le Dieu de la mine, où plutôt le « satan » de la mine. les mineurs cultivant une double foi… croyant en Dieu et Jésus en dehors de la mine, mais s’en remettant à Tio une fois dans les entrailles de la terre, là où Dieu ne pourrait visiblement rien pour eux.

Chaque semaine, venir faire des offrandes au Tio est un rituel obligé pour les mineurs… et ne pas s’y soumettre pourrait causer la mort lors d’une explosion, d’un éboulement, etc, ou l’absence de fertilité de la mine.
Ainsi, el Tio est représenté de manière un peu diabolique… avec un… appareil reproducteur en pleine forme, symbole de fertilité… pour la mine, et il est nécessaire de boire (et donner à boire) de l’alcool le plus pur possible (nous avons pu voir les bouteilles à 96°) afin que les minerais extraits le soient également.

La suite et fin de la visite (nous sommes maintenant passés dans la mine de Santa Elena) est assez semblable à l’entrée, à la différence près que nous apercevons au loin la source de lumière tant espérée !

Nous finissons la journée en cherchant à confirmer que nous pourrons bien effectuer la suite de notre voyage, nous emmenant à Uyuni et en direction de San Pedro de Atacama (Chili)… mais le résultat est bien celui que nous craignons : La frontière avec le Chili est bloquée par la neige et il nous faudrait faire un détour (payant évidemment :) ) tout en ne profitant pas au maximum du chemin…
Le choix est fait : Nous repartirons à Sucre pour profiter de sa qualité de vie en attendant (pas trop si possible quand même !) que la situation aux frontières s’améliore.

Et c’est ainsi que nous reprîmes le bus le lendemain… direction : Sucre !

6 Commentaires

  1. Mélanie 30 juillet 2013 Répondre

    Sympa votre nouveau look !

    • Auteur
      Clement 30 juillet 2013 Répondre

      Merci, personnellement j’entretiens le look « mineur taliban ». On verra dans quelques semaines/mois !

  2. C & PH B 30 juillet 2013 Répondre

    L’une de nous dit « Merci pour cette visite de chantier, effectuée en toute sécurité semble-t-il ! » et l’autre ajoute : « effectivement, vous avez encore bonne mine »…
    (:) ;) ! Et toujours de belles photos…

    • Auteur
      Clement 30 juillet 2013 Répondre

      Il manquait un petit masque pour éviter de respirer les pourritures de la mine, mais pour 2h on survivra… !

  3. jc 30 juillet 2013 Répondre

    Les trotteurs, minecraft edition.

    Il blague pas Tio :o

  4. emilie et germain 30 juillet 2013 Répondre

    Coucou!
    C’est fou vous avez fait exactement pareil que nous emperador, big deal..merci le routard non? Nous avons moins de temps donc nous avons tracé sur uyuni et avons fait le Salar et pas le sud Lipez (apparement une partie a ouvert hier pas la laguna verde).
    Bonne continuation, nous repartons pour le perou ce soir direction Arequipa!
    Bises à tous les deux!
    Emilie et Germain

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